Bonheur de père en fille!

crédit photo: Jessie Turkoise Studio

Par : Marie-Andrée Roy

J’ai été élevée dans un environnement où le mot « Je t’aime » n’était pas effrayant. Où la sexualité n’était pas taboue, mais plutôt synonyme d’amour (même si aux yeux de mon père, on ne pouvait pas être en AMOUR avant l’âge de 21 ans). Où la famille passait après les amis le samedi soir (mais seulement le samedi soir, mais vraiment tous les samedis soirs). Où le bonheur était présent. Il était là, dans les petites choses, quand maman nous permettait de ‘skipper’ les devoirs contre une partie de hockey dans la cour, il était là quand la collation du soir devenait un party où même les voisins (Les Beaudoin) étaient invités. Il était là, tous les dimanches au diner chez les Roy et à la visite hebdomadaire chez Grand-maman Paré, ces journées-là, le bonheur était à table : crème fouettée au Jello, pets de sœur, beignes maison trempés dans le sucre en poudre… Pis quand on avait de la chance, on terminait ça au DairyJoy avec les oncles, cousins et cousines pour une crème glacée… Le bonheur passait par le travail, Oh Dieu, que j’en ai passé des soirées à passer le balai dans l’entreprise familiale pour voir mes parents les soirs de semaine.

J’adorais les balades en auto pour se rendre aux nombreuses parties de hockey de mes frères. Pour éviter qu’on se chicane, mes parents nous faisaient faire des concours de chant. (C’est à croire que c’est eux qui ont inspiré La Voix Junior). On syntonisait RockDétente pis on hurlait sur du Gerry Boulet, Céline Dion, Ginette et sans oublier Charles Aznavour … Sans le savoir, on nous a appris le bonheur par de petites choses simples.

À Noël 1998, mon père m’a offert « The Cadeau », ce genre de cadeau qui ne coûte rien, mais qui t’accompagne toute la vie durant… Écrit à la main, mon papa m’a composé une recette du bonheur, sa vision à lui de celui-ci. (Je l’ai toujours soupçonné de l’avoir copiée dans un de ses Readers Digest de la salle de bain du sous-sol, mais je n’ai jamais retrouvé sa trace).

25 décembre 1998

Marie-Andrée,

Ces petits mots sont pour essayer de t’aider à trouver ou à fabriquer ton bonheur.

Ti-be,

Je pense que tout le monde consacre une partie de sa vie à la recherche du BONHEUR. Et bien souvent il n’est pas très loin. Arrête-toi de temps en temps et écoute ton cœur. Il te donnera lui-même certains petits secrets assez simples pour le trouver. Comme, la Gratitude, les gens heureux sont reconnaissants. Le Bonheur déteste les ingrats. Je ne pense pas qu’on puisse se tanner d’entendre MERCI.

Il existe plusieurs façons d’être heureux. Une de ces façons et qui est peut-être la plus simple : Ne jamais se comparer aux autres, ne jalouse personne. Et de se souvenir que la perfection cela ne se peut pas.

Marie-Lou, tu sais…

Le bonheur n’est pas un produit qu’on peut trouver sur les tablettes des magasins.   Il vient un peu à tous les jours, il vient de toutes nos occupations qui donnent un sens à notre vie. La famille, les amis, les collègues et plus on a des activités, plus on a des occupations, plus on a de chance de se retrouver en sa compagnie, et il n’est surement pas de mauvaise compagnie ce bonheur.

Crois en quelque chose, peu importe tes croyances religieuses ou spirituelles, ce n’est pas important. Ce qui est important c’est : Crois-en ce que tu fais et en ce que tu dis. Que chaque chose que tu fasses ou que tu dises sois faite avec sentiment, avec assurance. Tu en ressentiras à l’intérieur de toi une sensation de bien-être qui te fera croire que tu l’as trouvé ce FAMEUR BONHEUR.

Ce texte était pour répondre à ta question d’il y a un mois : Est-on responsable de notre bonheur?

Je suis convaincu que oui, le bonheur se fabrique par nous-même, se façonne de mille et une façons, à tous les jours. Ce qui veut dire que le bonheur est en majeure partie entre nos mains. Maintenant, va à la conquête du bonheur, je suis certain que tu le trouveras …

Signé : Ton papa qui nage dans le bonheur.

Ok, il n’a pas la plume du Dalaï Lama, mais je pense qu’il tient quelque chose. Le bonheur, il est simple, il doit être au quotidien via nos occupations, il n’est pas jaloux, il vient avec de la gratitude et il est en toi…

Et non sur E-Bay ou Amazon.