C’tait pas ça que c’tait

Par : Stéphanie Shoiry

Je l’avais trouvé. Tsé LE bon gars. Celui qui allait me sortir de mon patern de « bad boys ». Celui qui permettrait à mon père de me dire : « T’as bien choisi ma fille. » ou à mon frère et ma sœur d’arrêter de dire dans mon dos (et dans ma face…) « Penses-tu qu’elle est lesbienne? »…

Celui que ma mère, du haut des étoiles, trouverait bon pour sa fille. MON 5 étoiles à moi. YAY!!!

Donc, ma vie était tout à fait normale dans notre petit nid d’amour du quartier Montcalm. Je m’occupais, avec beaucoup de patience, de son enfant. Je prenais soin de mon chum. Je plantais des fleurs, sortais les poubelles, j’allais au Costco, j’arrivais « accompagnée » dans mes partys de famille, j’avais une carte employée Sépaq familiale. J’avais même pris du poids… Une vie de couple standard quoi.

Puis, par une journée bien ensoleillée, avec une vue magnifique sur le Golden Gate Bridge, j’me suis fait montrer la porte (Pour ne pas utiliser les mots qui vont faire grincher des dents mon père : J’me suis fait crisser là.).

Pour vrai là?? T’es sérieux?? J’suis à 8000 km de ma famille et de mes amis, on va visiter la seconde demeure d’Al Capone ce soir, pis tu me flush de même. Sans avertissement. VRAIMENT??? Tsé, j’ai même pas encore vu les éléphants du Zoo de San Diego. J’aime vraiment ça moi les éléphants… MERCI BEAUCOUP.

Alors moi pis mon incapacité à gérer des peines d’amour, je nous ai booké deux billets illico presto pour Québec. Un super 24h où j’avais l’air d’un orang-outang déchu, coincé dans un avion de United Airlines avec, en prime, un vol de nuit dans les bancs collés sur les toilettes. Tsé, ceux qui ne se baissent pas et qui s’accompagnent d’une odeur de Pepto-Bismol. Ces bancs que personne ne veut où tout le monde s’accote en attendant d’aller aux toilettes en pensant que ça n’est pas dérangeant. Savez-vous quoi, ÇA L’EST.

Enfin, mon but n’est pas de vous raconter ma peine d’amour, mais plutôt de vous parler du sentiment de grande déception qui vient avec le moment où tu réalises que tu pensais que c’tait ça que c’tait, pis que c’tait pas pantoute ça que c’tait.

Y’a la peine d’amour tout court, ça c’est une chose, mais y’a d’avoir cru en quelque chose qui finalement n’était pas ce que tu croyais. D’avoir eu des rêves d’une vie qui soudainement s’écroulent devant toi et toi, impuissante, tu ne peux rien y faire. Tu sais, comme quand tu achètes une robe sur Internet en pensant qu’avec ça tu vas ressembler à Sharon Stone dans Basic Instinct, puis que finalement tu ressembles plutôt à Porcinet. Ben c’est ça. C’est choquant. Ben choquant.

À travers tout ça, je reste pas mal convaincue que c’était pas c’que c’t’ait parce qu’il y avait mieux qui m’attendait. Mais quand même…

Alors, en hommage à tous ceux et celles qui pensaient que c’tait ça que c’tait, mais que c’tait pas ça que c’tait finalement, je vous invite à aller écouter la chanson d’Alaclair Ensemble, Ça que c’tait, le volume au max svp, pis de danser sur un pied, les yeux fermés…juste parce que ça fait donc ben du bien.

p.s. : Je lis un livre sur la sagesse de ho’oponopono. Je le conseille vraiment pour ceux et celles veulent une alternative à la thérapie de la toune dansée sur un pied. 😉

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