Je ne suis pas une mère à boutte

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Par Marie-Anik Shoiry

Je suis une femme de 39 ans. Parmi les nombreux chapeaux que je porte, il y a celui de maman. J’ai la broue dans l’toupet. J’ai des hauts et des bas.

Mais une mère à boutte? Non, pas moi.

Dans les dernières années, plusieurs blogues et communautés de « mamans à boutte » ont vu le jour sur les réseaux sociaux et ont rapidement connu un succès monstre. Une émission de télévision porte même ce nom. Étant mère de trois enfants, je peux comprendre que briser l’isolement et partager avec d’autres femmes les difficultés de la maternité, ça fait du bien et c’est réconfortant. J’ai moi-même publié sur mon blogue quelques anecdotes de ma vie de maman. Depuis la naissance de ma plus vieille il y a 11 ans, mon rôle de mère prend énormément de place. La première place. Cela dit, j’ai toujours essayé de tirer une leçon des moments plus ardus, d’en parler avec humour et de voir le positif.

Ce qui me chicote, c’est l’emphase qui est mise sur le chialage, sur le défoulement collectif et sur le négatif. Est-ce que c’est vraiment ça la vie d’une femme qui a des enfants? Est-ce que ça vaut la peine de cogner sur le clou et d’alimenter ce sentiment de frustration jour après jour? Est-ce que ça ne fait pas qu’empirer la situation? Pour en avoir discuté avec certaines femmes de mon entourage, ça ne donne pas vraiment le goût de plonger dans l’aventure de la maternité. Et que dire de toutes ces femmes qui essaient depuis des années de donner la vie, sans succès?

Même si c’est loin d’être toujours facile, je me considère tellement chanceuse d’être maman. C’est un privilège et une responsabilité si importante que de m’investir jour après jour, avec tout mon amour, pour donner des ailes à mes enfants. J’ai fait et j’assume pleinement ce choix. Des moments où j’ai été « à boutte », j’en ai eu à volonté. Mais pas juste dans ma vie de maman. Dans ma vie en général! Je trouve vraiment dommage de dépeindre la maternité de cette façon. C’est parfois même dégradant. Sauf exception, est-ce vraiment si pire que ça?

Je ne me définis tellement pas comme une « mère à boutte »! Je suis une femme qui est maman. Une femme imparfaite qui comme toutes les femmes a connu des moments difficiles, mais surtout des instants de grand bonheur. Oui, mes trois magnifiques enfants me font passer par toute une gamme d’émotions, mais surtout, ils me permettent jour après jour de devenir une meilleure personne. C’est un cadeau inestimable que la vie m’a donné.

De grâce, ne nous définissons pas comme des « mères à boutte ». Nous sommes tellement plus que ça. Soyons des femmes assumées, avec nos forces, nos faiblesses, notre bagage de connaissances et d’expériences, nos erreurs et nos victoires. Soyons fières, soyons des modèles, dans toute notre authenticité et notre vulnérabilité. Et surtout, soyons notre première priorité! Parce que pour prendre soin des autres, il faut d’abord prendre soin de soi. N’est-ce pas là le grand défi? N’est-ce pas lorsqu’on se néglige que c’est si lourd et difficile? Donner la vie ne signifie pas de s’oublier et de dire adieu à tout le reste. Bien au contraire. La vie de maman est un pan de plus dans notre vie de femme. Des moments de répit pour soi, pour se gâter, pour se faire plaisir, en solo, avec ses amies ou en amoureux, c’est tellement important.

Soyons bienveillantes envers nous même. Demandons et acceptons de l’aide. Misons sur le positif.  Donnons-nous le droit de vivre pleinement et de profiter de la vie.

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