Perdre volontairement la notion du temps

Par Caroline Murray

Je ne sais même pas quel jour on est, depuis combien de temps je suis en confinement et je ne cherche absolument pas à savoir quand nous allons retrouver une vie « normale ».

Pour la première fois de ma vie, je n’ai pas fait de crise d’angoisse depuis belle lurette. Mon corps me parle et je l’écoute, enfin. Je prends plaisir à m’entraîner chaque matin (c’est le seul nouveau besoin que je me suis créé!), je réfléchis à nos repas en fonction de nos goûts et du volet santé-variété et non par rapport au temps qu’il me reste pour cuisiner. On n’a commandé aucun resto depuis des semaines, je n’ai acheté aucun nouveau vêtement, je vais dehors trois fois par jour pour prendre des marches et saluer le soleil.

Ma seule sortie de la semaine, c’est mon épicerie et celle de mes parents septuagénaires. Je chante à tue-tête dans la maison, je reste en leggings toute la journée et j’ai recommencé à lire. Même la chicane des enfants me semble soudainement moins lourde à gérer! Elles se lèvent sans réveiller les parents et s’entraident pour le déjeuner. On dîne après le point de presse du gouvernement et on retarde le souper jusqu’à ce que notre ventre crie famine de lui-même. On se lave quand on en a envie, dans la mesure où l’hygiène de base est respectée. On joue aux cartes en famille, on vire la maison sans dessus-dessous pour faire des cabanes qui durent 10 minutes et ça ne nous dérange pas, car ranger fait maintenant partie des activités principales de notre planification journalière.

Je fais l’école à mes enfants de différentes manières pour leur garder le cerveau bien réveillé (et parce que j’ai la chance d’avoir le temps de le faire). Une dictée par-ci, une partie de Yahtzee en guise de mathématiques par-là, un dessin collectif pour le cours d’arts plastiques, une sortie en vélo pour l’éducation physique. On fait des quiz sur la vie de nos enfants au souper pour mieux les connaître. On règle les conflits de couple au fur et à mesure car de toute façon, on n’a pas le choix de se supporter, on est pognés ensemble 24 heures sur 24. Aussi bien garder l’harmonie et l’amour dans la maisonnée!

Il y a beaucoup d’histoires tristes de gens pour qui ce n’est pas la même réalité et je me sens choyée de pouvoir faire de ma quarantaine un moment de pause vraiment positif. Vivre le moment présent, c’est pas mal juste ça qui me reste à faire et, pour une fois, j’y arrive sans me forcer. Dans mon cas, c’est un énorme pas en avant et je garde ceci en mémoire pour arriver à reproduire mon état d’esprit actuel même après cette période de remise à neuf.

Comme disait l’autre, ça va bien aller!

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