Le calendrier de l’Avent

Par : Marie-Anik Shoiry

L’automne dernier, j’ai vu passer la photo suivante dans mon fil d’actualité Facebook (probablement prise dans une pharmacie), avec le commentaire: «11 octobre. Non ».

Ça m’a fait sourire. Parce que j’étais bien d’accord. Autant J’ADORE la magie du Temps des Fêtes, autant au mois d’octobre, je ne suis pas rendue là dans ma tête, ni dans ma planification des semaines à venir.

Année après année, nous sommes nombreux à trouver que la commercialisation des différentes fêtes de l’année débute VRAIMENT trop tôt. D’ailleurs, il y a toujours un ami virtuel pour nous rappeler que l’été n’est pas fini mais OMG, une allée complète est déjà consacrée aux décorations de Noël chez Costco. Sans parler du rack de mitaines d’hiver.

Mais dites-moi…Est-ce que ce ne serait pas un peu de notre faute?

Est-ce que toi aussi :

-Tu bourres ton congélateur de bons petits plats cuisinés en prévision des mois à venir?

-Tu achètes les vêtements d’été de tes enfants un an à l’avance, pour profiter des soldes?

-Tu paniques parce qu’on est rendus au mois d’octobre et tu n’as pas encore finalisé l’achat des kits d’hiver de ta marmaille?

– Tu penses aux cadeaux de Noël que tu vas offrir à tes proches, avant de fêter l’Halloween?

-Parlant d’Halloween, tu as déjà acheté tes bonbons en quantité industrielle à la fin du mois d’août?

-Tu as booké tes vacances pour l’été prochain?

-Tu mets des tonnes de sous de côté en prévision de ta retraite?

Personnellement, je réponds « oui » à plusieurs de ces questions.

Et vous?

Mon constat est donc le suivant: nous sommes PLUSIEURS à embarquer dans ce tourbillon-là. À en faire notre modus operandi. Nous comblons sans trop de retenue ce désir de vouloir prendre de l’avance, tout le temps et pour tout! Ce besoin de tout prévoir et de tout régler.

Alors au lieu de vivre le moment présent, on passe du temps à préparer les moments futurs.

Voilà pourquoi en octobre, des calendriers de l’Avent, ça se vend.

Et si…

On décidait plus souvent le jour même le menu du souper? Bon. Les repas ne seraient peut-être pas aussi élaborés. Mais on mangerait ce qui nous tente, on cuisinerait quand ça nous tente et on garderait ça bien simple si ça nous tente aussi. Un petit buffet viandes froides, fromages, salades, baguette, ça fait souvent la job. Et je suis pas mal certaine qu’on gaspillerait moins.

Et si…

On planifiait nos vacances à la dernière minute? On explorerait peut-être des endroits un peu plus exotiques, auxquels nous n’avons même pas pensé! Avec l’économie de partage et les Flytrippers de ce monde, on est quand même chanceux de pouvoir se permettre un peu plus de fantaisie!

Et si…

On limitait au minimum l’achat de cadeaux matériels des mois à l’avance, pour les remplacer par des activités spéciales avec ceux qu’on aime? On s’entend, du temps de qualité avec nos proches, c’est priceless.

Et si…

On magasinait du linge juste quand nos enfants en ont vraiment besoin? On s’en tiendrait probablement davantage à l’essentiel.

Et si…

On faisait un peu plus de folies, sous l’impulsion du moment, juste comme ça, sans trop se poser de questions?

Évidemment, l’objectif étant de trouver un équilibre dans tout ça, je reconnais qu’il faut un minimum de planification et de consommation.

Mais peut-être pas autant.

Parce que l’avenir des semaines ou des mois à venir, même si on essaie de le prévoir, il finit toujours par changer.

Parce qu’on ne contrôle pas tout.

Ce qui compte vraiment, c’est le présent.

« Il y a deux jours dans l’année où l’on ne peut rien faire. Ils s’appellent hier et demain. Pour le moment, aujourd’hui est le jour idéal pour aimer, croire, faire et principalement vivre. »